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Le catholicisme social en France par Aimé Richardt

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Franck Abed Social

Franck Abed de Paul

 

 

Aimé Richardt a publié de nombreux ouvrages, dont un Fénélon, couronné par un grand prix de l’Académie française. Parmi ses dernières biographies, nous retrouvons les titres suivants : Lacordaire, Lamennais, Ozanam, Montalembert.

 

La question sociale est au cœur de mes préoccupations philosophiques et intellectuelles. Raison pour laquelle j’ai décidé de lire ce livre. Effectivement, à l’heure du mondialisme triomphant et du libéralisme économique outrancier, la défense des plus faibles ne semble être qu’une préoccupation lointaine des politiques. Richardt dès les premières lignes écrit : « Depuis l’avènement au trône de Louis-Philippe, le sort de la classe ouvrière avait empiré. La machinisation de l’industrie avait eu pour conséquence le chômage… Peu à peu, le travail était devenu une marchandise que les industriels achetaient le moins cher possible, et de moins en moins cher ! Le droit d’association était refusé, sous peine de prison, aux ouvriers ».

 

Les objectifs de cet ouvrage sont clairement exposés par l’auteur : « Définir d’abord ce qu’était la classe ouvrière, cette nouvelle classe sociale née avec le XIXème siècle. Puis nous examinerons en détail l’apparition et le développement du catholicisme social, qui peu à peu, obtiendra la reconnaissance du droit à la dignité et au bonheur des pauvres, c’est-à-dire des ouvriers ».

 

Le préfacier, le Cardinal Poupard, pense que « l’auteur nous donne un tableau sans complaisance de la société française au lendemain de la Révolution, qui, avec la trop fameuse loi Le Chapelier, de juin 1791, avait aboli toute corporation et laissé l’ouvrier sans défense ». Selon ce dernier, la Révolution avait été suivie par « une révolution industrielle génératrice d’une société où la bourgeoisie au pouvoir exploitait sans vergogne des ouvriers, les prolétaires comme on va bientôt les dénommer ».

 

Pour commencer son analyse, Richardt stipule « qu’on peut dire qu’il n’existe pas, en France, de problème ouvrier avant le XIXème siècle ». Il précise également ce qui suit : « Certes le régime du travail sous la monarchie, avec les métiers jurés, les corporations, les confréries d’entraide, n’avait pas l’esprit idyllique que certains royalistes attardés lui prêtent, mais il avait, pendant des siècles, assuré aux travailleurs salariés une sécurité relative ». Il ajoute avec raisons que « ces institutions avaient vieilli et ne correspondaient plus guère aux nécessités d’une économie qui se transformait rapidement ».

 

L’auteur estime « qu’il est donc avéré que, tant la loi Le Chapelier que le Code civil limitaient étroitement les possibilités de défense des ouvriers. La loi de 1791 interdisait aux ouvriers tout avis collectif sur les questions de salaires, la grève était un délit réprimé par l’amende et la prison. Ainsi, l’ouvrier était à la merci des patrons ».  Voici la situation de la classe ouvrière au moment où des catholiques, conscients de la précarité des employés les plus faibles, réfléchissent aux différentes possibilités de travailler pour le bien commun. Richardt produit de nombreuses citations qui nous permettent de comprendre les différents enjeux soulevés par ces différentes questions économiques et politiques. Elles nous offrent aussi la possibilité de saisir les réflexions de cette « minorité de laïcs et de quelques prêtres » qui défendront les plus faibles. Ainsi, l’auteur nous entraîne à suivre le pas de ces chrétiens voulant coûte que coûte améliorer le sort des plus faibles. Toutefois, comme le démontre, Richardt, leur parcours ne sera pas un long fleuve tranquille…

 

Néanmoins, l’auteur conclut de la manière suivante : « Le premier catholicisme social a combattu de manière dispersée, il fut étranger à la classe ouvrière et ignoré par l’épiscopat. Il a œuvré dans des conditions très défavorables. Il faut cependant lui reconnaître d’avoir travaillé à l’amélioration de la condition ouvrière, au soulagement des pauvres, et à la réconciliation des classes, ce qui lui assure une place dans l’histoire et de l’Eglise et de la France »…

 

 

Franck ABED

 

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